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Beaucoup de souvenirs d’Oujda me chatouillent encore et encore. Beaucoup d’amis (es) et membres de ma famille, avec lesquels j’ai malheureusement des rapports espacés, me manquent terriblement.


Tant de choses me reviennent en pensée et me perturbent, au point de m’empêcher de prendre de la distance de cette ville que j’ai quittée volontairement. Et dans ces processus, c’est probablement une forme de nostalgies de ces rencontres dans les clubs culturels, de ces discussions entre amis (es) qui me manquent le plus.

En réalité, je n’arrive pas à exprimer tous ces manques que je ressens, et surtout pour quelle raison je les ressens du moment que je nage dans le bonheur de vivre et de la création artistiques dans ma nouvelle vie.


Oui, depuis que j’ai élu domicile à Saïdia, il y a plus de sept ans, je me sens heureux avec mon épouse Latifa Rbib. Celle qui, par amour pour moi, a tout quitté: son travail de cadre à Rabat et sa nombreuse famille à Casablanca. Avec elle, je me sens vraiment équilibré. J’ai rajeuni et je me sens plus propre dans le corps et dans l‘âme.

Oui, depuis que j’ai élu domicile à Saïdia, j’ai tourné la page sur un passé désordonnè. Un passé amoureux a la fois heureux et douloureux. C’était très dur, mais j’ai osé quitté ceux qui me sont chers de la manière la plus sereine possible que j’ai pu. La plus intelligente à mon sens. Sans casse et sans rancune. Mais n’empêche que ça laisse un goût âpre sur l’âme que la plume ne peut traduire et la langue ne peut dire.


Même si, aujourd’hui à Saïdia, je pense être sur la bonne voie de me reconstruire, parce que j’ai trouvé l’essentiel, parce que j’ai l’immense, l’infinie chance d’avoir des racines qui poussent, qui me permettent de m’ancrer.

Et pourtant, à vouloir devenir arbre, je plie encore comme le roseau, à la moindre brise, au moindre souffle, mais je ne casse pas, c’est probablement là que demeure toute ma force et ma volonté.

Je sais que la plupart des lecteurs et lectrices trouvent que j’écris d’une façon très égocentrique, c’est vrai que les billets sibyllins ne sont pas forcément les plus plaisants à lire, je m’en excuse, mais j’ai souvent besoin d’avoir un exutoire comme ce lieu qui me permet d’en parler, de partager et de classer dans ma tête toutes les choses, bonnes ou mauvaises, qui m’arrivent.